Oui, tu perds du poids en arrêtant les féculents… et oui, tu le reprends. Voilà pourquoi.
Ce que j’entends le plus en séance, c’est :
« Les féculents font grossir. »
« Je dégonfle quand j’arrête. »
« Je digère mieux sans. »
« Le soir, ça fait maigrir. »
En réalité, rien de tout ça n’est lié aux féculents eux‑mêmes.
C’est lié à la restriction, au contrôle, à ta paroi intestinale et à ton microbiote.
Quand tu arrêtes les féculents, tu perds vite du poids.
Mais ce n’est pas du gras : c’est le glycogène (tes réserves d’énergie) et l’eau qui va avec.
Le glycogène retient environ 3 à 4 g d’eau par gramme.
Quand tu le diminues, ton corps vide ses réserves → l’eau part → la balance descend.
Tu dégonfles parce que tu perds de l’eau, pas parce que les féculents te faisaient du mal
Tu crois mieux digérer parce que :
– tu manges moins en quantité,
– ton intestin est moins stimulé,
– ton système digestif travaille moins.
Ce n’est pas une digestion plus efficace.
C’est une digestion au ralenti.
Et si tu digères mal les féculents, ce n’est pas eux le problème :
c’est une paroi intestinale irritée, un microbiote appauvri, un stress élevé.
Un intestin fatigué digère mal… tout.
Pas seulement les féculents.
Le fameux “pas de féculents le soir”
On te dit que ça fait maigrir.
En réalité, ça ne fait que :
– augmenter la restriction,
– dérégler la faim,
– perturber le sommeil,
– faire monter le cortisol.
Le soir, ton corps a besoin de féculents pour stabiliser la glycémie, apaiser le système nerveux et favoriser la sérotonine.
Les supprimer crée plus de stress… donc plus de stockage.
Ce qui arrive quand tu remanges des féculents
Quand tu remanges des féculents, il se passe deux choses :
1. Tes réserves de glycogène se reconstituent → l’eau revient → le poids remonte.
C’est normal, mécanique, biologique.
2. Ton cerveau lance une alerte :
« On a manqué. On a été en famine. On stocke vite. »
Parce que pour lui, la restriction = danger.
Il active alors ses mécanismes de survie :
– augmentation du stockage,
– envie de manger plus,
– recherche d’aliments denses,
– compulsions pour reconstituer les réserves.
Tu ne perds pas le contrôle.
Ton corps te protège.
Et maintenant, la vraie cause profonde
Ce n’est pas en supprimant les féculents que ton corps va se stabiliser.
Ce n’est pas en contrôlant plus, en mangeant moins, en évitant le soir, que ton poids va se réguler.
Ce qui change vraiment les choses, c’est d’aller dans ta cause profonde :
ta cause émotionnelle, ton rapport au contrôle, tes schémas, tes peurs, ce qui te pousse à lutter contre ton corps au lieu de l’écouter.
C’est en libérant ta voix pour dire les choses à ta collègue.
C’est en osant divorcer quand tu sais que tu t’éteins.
C’est en osant dire “j’ai besoin d’aide”.
C’est en apprenant à lâcher prise quand tu ne peux plus tout porter.
C’est en reprenant tes études à 45 ans parce que tu sens que c’est juste pour toi.
C’est en fixant tes limites au lieu de t’épuiser à être parfaite.
C’est en arrêtant de dire oui quand ton corps hurle non.
C’est en quittant un job qui te détruit.
C’est en arrêtant de sauver tout le monde sauf toi.
C’est en osant être vue, être entendue, être toi.
C’est en arrêtant de te punir dès que tu manges.
C’est en te choisir, enfin.
C’est ça qui régule ton poids.
C’est ça qui apaise tes compulsions.
C’est ça qui libère ton corps.
Et oui, c’est aussi réparer ta paroi intestinale, rééquilibrer ton microbiote, apaiser ton système nerveux, sortir des automatismes qui t’épuisent.
Ce n’est pas les féculents qu’il faut supprimer.
C’est ce qui te coupe de toi-même qu’il faut transformer.